Depuis sa sortie il y a plus de 20 ans, la Air Max Plus de Nike a toujours été l’objet de nombreuses contrefaçons. De celles vendues à côté des puces de St Ouen à celles vendues dans des shops proches de Chatelet, ce fût pendant très longtemps la paire la plus contrefaite, avant que les Yeezy de adidas fassent leur apparition sur le marché. La Air Max Plus Burberry ne déroge pas à la règle, mais cette paire fake a toute une histoire.

Air Max Plus Burberry, une contrefaçon collector

Né dans les années 50, Dan Dapper (Daniel Day de son vrai nom) ouvre sa 1ère boutique en 1982 à Harlem. A cette époque, il est l’un des premiers à faire la connexion entre la culture hip-hop et les marques de luxe. Il se fait d’ailleurs connaître à travers ses créations uniques, composées de tissus Louis Vuitton, Gucci, Burberry…qu’il ne vend pas très cher. Alors qu’un tshirt Gucci coute plusieurs centaines de dollars, Dan Dapper le vend à peine 20$. Dans les années 90, il devient une véritable icône pour sa génération et en inspire plus d’un.

Au début des années 2000, la Air Max Plus vient bousculer le marché de la sneakers et connaît un succès immédiat, notamment en France où le modèle est adopté par les jeunes de cité. La « Requin » devient un véritable phénomène et s’impose comme une référence pour les jeunes, avec son look agressif, ses coloris flashys, néanmoins, elle n’arrive pas à se retirer l’étiquette qu’on lui a collé, d’être une paire pour les jeunes de banlieue.

Malgré un retail élevé, elle arrive à convaincre tout le monde, autant les filles que les garçons. Footlocker, distributeur exclusif de la TN est le second grand vainqueur après Nike. On assiste à une nouvelle ère de la sneakers et forcément, les usines de contrefaçons charbonnent dur pour exporter en Europe leurs paires.

Au début des années 2000 toujours, alors que les marques de luxe et de streetwear n’ont toujours pas fait la connexion, un ovni débarque sur le marché de la contrefaçon, la Air Max Plus Burberry avec le célèbre print de la marque. A cette époque, il été inimaginable d’imaginer ce type de collaboration. Jamais une Air Jordan 1 Dior n’aurait pu sortir, ni une collaboration entre Vuitton et Supreme, Prada et adidas…

La Air Max Plus Burberry est un fake qui déplaira fortement à la marque de luxe, qui subit déjà à cette époque la montée du fake de plein fouet. Malheureusement, avec la contrefaçon, il est difficile d’obtenir justice et aujourd’hui encore, certains sites chinois proposent ce modèle à la vente.

Ce qui est amusant avec cette paire, c’est qu’en 2020, cela n’aurait choqué personne de voir un print Burberry s’inviter sur une paire de Nike. Comme quoi, les choses ont bien évolué.

Le luxe et les sneakers

Aujourd’hui, les marques de luxe ont bien compris l’intérêt de se rapprocher des marques de sportswear et streetwear, dans le but d’aller chercher de nouveaux clients plus jeunes, avec un pouvoir d’achat inférieur mais qui sont prêts à tout pour acheter des pièces limités.

Ces dernières années, c’est à la marque Supreme que l’on doit les meilleures collaborations avec notamment Louis Vuitton.

Jordan Brand a aussi marqué le coup avec ses deux Air Jordan 1 x DIOR ainsi que sa collection spéciale de vêtements. 5 millions de personnes ont participé aux raffles organisées pour tenter d’obtenir ces pièces rares.

Prada et adidas ont collaboré à plusieurs reprises, avec des paires Made In Italy.

Le marché de la contrefaçon de sneakers en 2020

Le marché de la contrefaçon de sneakers a pris un nouveau virage ces quelques dernières années. On est passé de la vulgaire paire de basket fake, cramée a des kilomètres à des copies 1:1, vendues quasiment aussi cher que leur prix retail sur des sites fake très pointus.

Les consommateurs de sneakers fake assument désormais ne pas avoir les moyens d’acheter une AJ1 Travis Scott à plus de 1000€ sur le marché secondaire et préférer se faire plaisir avec une parfaite copie vendue moins de 200€.

Il n’en reste pas moins de cautionner la contrefaçon est immoral et qu’acheter du fake en connaissance de cause est illégal, mais l’évolution du marché de la sneakers et la montée des plateformes de revente à des prix exorbitants a créé beaucoup de frustration chez les passionnés de sneakers qui ne peuvent plus cop leurs paires préférées au prix retail.