Alors que la collaboration Air Jordan 1 x Travis Scott x Fujiwara (Fragment) vient récemment de voir le jour en version High et Low, la hype autour du célèbre designer japonais n’a jamais été aussi importante. De sa rencontre avec Shawn Stüssy à la création de GOODENOUGH en passant par son label Fragment Design. Vous allez tout savoir sur le designer le plus en vogue du moment, à l’histoire palpitante.

Hiroshi Fujiwara, figure de la youth culture à Tokyo

Né en 1964 à Ise, une ville à l’est du Japon, Hiroshi Fujiwara est aujourd’hui une légende. On l’appelle même parfois “le Parrain d’Harajuku” ou encore le « Godfather of streetwear”. De quoi prendre la grosse tête !

Dès son enfance, il se pavane dans les rues de sa ville en skateboard, tout en rêvant de pouvoir explorer Tokyo. Ce n’est qu’à ses 18 ans qu’il rejoindra la capitale et que sa vie prendra un nouveau tournant. Alors qu’il commence à s’intéresser à la culture punk et au rock, Hiroshi Fujiwara voyage à Londres puis à New-York et développe un vif intérêt pour la culture hip-hop. Il en profite d’ailleurs pour ramener pas mal de disques, qu’il passera ensuite en boite de nuit lorsqu’il sera DJ.

La rencontre avec Shawn Stüssy

Durant son voyage à Londres, Hiroshi Fujiwara va faire de belles rencontres, mais c’est à New-York que son destin va prendre une nouvelle dimension. Alors qu’il s’imprègne de la culture hip-hop, Fujiwara fait la rencontre de Shawn Stüssy. Jeune fondateur de la marque du même nom, Shawn et Fujiwara vont se lier d’amitié. Ils partagent les mêmes valeurs, les mêmes centres d’intérêts et ont une passion commune pour la mode streetwear.

Hiroshi Fujiwara devient alors ambassadeur de la marque et l’importe à Tokyo.

GOODENOUGH, marque pionnière du streetwear

A son retour au Japon, Fujiwara est le 1er DJ à passer des morceaux de hip-hop en soirées. Nous sommes dans les années 80 et les japonais commencent à se tourner vers le luxe occidental, avec un amour pour les marques comme Louis Vuitton, Chanel etc. Chez les jeunes, le quartier d’Harajuku commence à prendre forme. Il devient d’ailleurs le quartier le plus « hype » de la ville, où toutes les marques cool viennent s’installer.

Hiroshi Fujiwar créé GOODENOUGH en 1990, sa première marque de streetwear qui cultivera un mystère durant de longues années. En effet, la marque a souhaité garder le secret sur ses designers, avant de révéler l’implication de Fujiwara  quelques temps plus tard dans les medias.

A cette époque, c’est la 1ère marque de streetwear à voir le jour au Japon, avec des t-shirts graphiques, des motifs et textes imprimés, qui étaient portés par les mecs hype d’Harajuku. Le succès de la marque est immédiat et les jeunes voient à travers GOODENOUGH une nouvelle manière de s’exprimer.

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La création du concept-store Nowhere

Alors que la crise économique frappe le Japon dans les années 80, provoquant notamment une hausse du marché de l’immobilier, Hiroshi Fujiwara participe en 1993 à la création d’un concept-store avec deux pointures du streeetwear que vous connaissez surement : Jun Takahashi , fondateur de Undercover & Nigo, fondateur de BAPE.

Jun Takahashi et Nigo se sont rencontrés au Bunka Fashion College et ont fondé ensemble la marque Last Orgy 2. Ils ouvrent avec Fujiwar la boutique Nowhere à Harajuku et vendent à la fois leur propre marque ainsi que des pièces adidas, Nike etc. On y trouve ensuite les toutes premières pièces Undercover et A Bathing Ape et le succès est encore une fois immédiat.

Le shop sera d’ailleurs ressuscité à Londres en 2009 à l’occasion d’un pop-up store au sous-sol de la célèbre boutique Dover Street Market.

Hiroshi Fujiwara x Tinker Hatfield x Mark Parker

Après avoir rencontré en 1998 Mark Parker, PDG de Nike, Fujiwara fait la rencontre du très célèbre Tinker Hatfield en 2002. Ils co-fondent ensemble HTM (les initiales de Hiroshi  + Tinker + Mark ), un projet de design expérimental.

A travers HTM, les 3 pointures du sportwears et streetwear cherchent à expérimenter de nouvelles idées et partager leurs inspirations. Le concept repose principalement sur la réutilisation de modèles classiques de chez Nike afin de créer des modèles limités. Les paires sortent en quantités très limités (1500 – 3000 exemplaires par modèles ) et bénéficient d’une meilleure qualité de fabrication. Au total, 32 modèles ont vu le jour, certains dédiés au sport avec des sneakers équipées des dernières technologies et matériaux, d’autres plus lifestyle.

Je m’étais rapproché d’Hiroshi pour apprendre à le connaître. Par le biais de ce dialogue, nous avons créé le lien avec Tinker. On avait l’impression qu’au lieu de se contenter de s’asseoir et de réfléchir, on pourrait entamer une collaboration concrète et donner forme à nos idées et que si on les validait on pourrait lancer un produit fini.

Tinker Hatfield

Voici quelques paires HTM qui sont sorties à l’époque

La naissance de Fragment Design

Malgré tous les succès qu’il enchaine d’années en années, Fujiwar ne souhaite pas créer une machine de guerre avec sa 1ère marque et se lance à nouveau discrètement dans un nouveau projet.

En 2003, il donne naissance à Fragment Design.

“Je n’aime pas parler de Fragment comme d’une marque. Fragment ne produit pas de collection en soi mais plutôt des collaborations. J’aime repenser des éléments iconiques d’une marque et les mixer avec ma propre vision créative”

Hiroshi Fujiwara

Dès les années 90, Fujiwar appréciait créer des pièces destinées uniquement à ses amis, sous la marque « Electric Cottage ». Ce qui donnera lieu à une collaboration ensuite entre GOODENOUGH et Stussy. Les collaborations, Fujiwar adore ça. S’imprégner de l’univers d’une autre marque, d’un autre designer pour co-créer, c’est exactement ce qu’il souhaite faire avec Fragment Design.

Au fil du temps, la marque noue des partenariats avec Starbucks, Moncler, Beats, Louis-Vuitton, Levi’s, Sacai, Supreme…Casio.

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Hiroshi Fujiwara, ses sneakers en collaboration avec Nike, Converse, Jordan Brand…

En 2010, Undercover, Fragment Design et Nike s’associent pour créer une réédition à la fois classique, rétro et minimaliste de la Nike Match Classic de 1973.

Plus tard en 2007, Fragment Design collaborera avec Converse pour revisiter le modèle low avant de travailler en triple collaboration avec le shop Undefeated sur la version high.

 Fragment Design collaborera avec Converse

Plud tard, Fragment Design s’associera à Supreme et créera deux versions de Nike Low Court Fragment x Supreme. Loin d’être exceptionnelle, cette collaboration ne marquera pas les esprits.

En 2014, le designer Hiroshi Fujiwara a également eu la chance de travailler avec Jordan Brand sur la AJ1 Retro High OG. Il s’est inspiré de deux samples de 1984 pour réaliser sa propre version en cuir premium blanc avec du noir et quelques accents de bleu.

En 2019, c’est encore une triple collaboration ici avec Clot que la marque japonaise nous proposera, en revisitant la Air Force 1 dans deux coloris : Game Royal & Black. Une conception premium avec une soie accompagnée de motifs chinois, offrant un magnifique rendu.

Air Force 1 dans deux coloris : Game Royal & Black

Plus récemment, en parallèle du drop des deux dernières Air Jordan 1 High & Low x Travis Scott, Fragment a (re)collaboré sur une Dunk High Beijing. En effet, la silhouette introduite en 2010 a été rééditée mais le succès est discutable.

Dunk High Beijing

Courant 2021, une nouvelle triple collaboration devrait voir le jour, cette fois-ci avec le label japonais Sacai. En effet, deux Fragment Design x Sacai x Nike LDWaffle sont attendues et la hype autour du modèle est ici très forte.

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